Déclaration de la COD : A propos des Etats généraux de l’éducation

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Le pouvoir du général Mohamed Ould Abdel Aziz s’apprête ces jours-ci, à organiser une autre comédie comme il en joue de temps à autre pour se rire du peuple mauritanien et de l’opinion publique internationale. Le spectacle est intitulé cette fois «Les Etats-généraux de l’éducation nationale » ; ces mêmes « Etats-généraux » dont le général avait pourtant annoncé la tenue dans sa sortie médiatique de novembre dernier, à l’occasion de la fête nationale. Il y revient donc, se désavouant au passage lui-même, dans une atmosphère de risques majeurs et de contraintes internes et externes pour le pays qui rend l’évocation d’une question extrêmement sensible comme celle-ci peu susceptible –plus que jamais – de faire l’objet de joutes et manœuvres politiciennes stériles.

Face à cette situation, la Coordination de l’Opposition Démocratique tient à attirer l’attention de l’opinion publique nationale et des partenaires au développement du pays sur ce qui suit :

1 – Le système éducatif mauritanien souffre d’une déliquescence très grave, ayant connu une accélération sans précédent sous le règne du général Mohamed Ould Abdel Aziz, lequel en a démantelé les dernières structures opérationnelles et violé des fondements et des valeurs sacrées auxquels aucun des régimes militaires précédents n’avait osé toucher. Cette situation constitue une menace grave pour la survie du pays et l’avenir de nos générations futures ;

2 – La réforme du système éducatif, nonobstant son importance et la place prioritaire qu’elle occupe dans la réforme globale de l’Etat, ne peut être réalisée séparément d’un règlement de la crise politique, constitutionnelle, économique et morale issue du coup d’Etat perpétré par Mohamed Ould Abdel Aziz en Août 2008, entraînant alors notre pays dans une ère de tension, de corruption et d’opacité qui risque d’en compromettre l’existence même, à Dieu ne plaise !;

3 – Les soi-disant « Etats-généraux de l’éducation » ont été précédés par nombre d’étapes préparatoires auxquelles le pouvoir n’a pas daigné associer la COD, ni même des cadres et compétences qui lui sont affiliés, encore moins prendre l’avis de l’un de ses partis membres. Ainsi, la nomination d’une «commission nationale» des Etats-généraux s’est faite sans que la COD puisse exprimer son avis sur sa composition, une «consultation» locale et régionale s’est tenue sans que l’opposition y participe, enfin le rapport de ce premier acte de la farce a été rédigé en l’absence de la Coordination. Demander maintenant à celle-ci d’assister au spectacle du Palais des Congrès, relève donc d’une manœuvre du pouvoir, visant à faire valider par l’opposition la vision unilatérale du Général sur le délabrement du système éducatif et imposer sa volonté d’en approfondir la déliquescence ;

4 – La Coordination de l’Opposition Démocratique en informant l’opinion publique nationale et internationale de son refus de participer à la comédie intitulée «Etats-généraux de l’éducation» et son rejet, à l’avance, de ses résultats ; renouvelle son appel à tous les acteurs nationaux pour engager, au plus vite, un processus consensuel qui aboutisse à une entente nationale sur les voies et moyens de sortir de la grave crise où se débat la Mauritanie et réaliser notre ambition d’être gouvernés par un régime démocratique à la légitimité et la crédibilité inentamées ; un régime de vision perspicace et de compétence efficace, capable d’engager une réforme globale de l’Etat avec, pour priorité absolue, la réforme du système éducatif.

Nouakchott 31janvier 2013

La coordination

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