Résolution sur l’Unité Nationale

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– Considérant que l’unité nationale constitue le fondement et la base de toute stabilité et de tout développement économique et social du pays ;

– Considérant que la solution de la question nationale constitue et demeure l’une des préoccupations majeures pour asseoir l’unité nationale et une stabilité durable dans le pays ;

– Considérant que le passif humanitaire lié aux évènements douloureux des années 89 demeure une question pressante et dont la solution doit passer nécessairement par un consensus national qui respecte le droit des victimes et de leurs familles ;

– Considérant que les réfugiés de retour du Sénégal continuent de vivre une situation déplorable dans leurs camps et n’ont toujours pas récupéré leurs biens et leurs terres.

– Considérant que les réfugiés au Mali sont abandonnés à leur propre sort alors qu’une dizaine de milliers (selon certaines estimations) de Mauritaniens continuent de vivre les affres de l’exil et que ceux qui sont de retour n’ont pas encore été rétablis dans leurs droits ;

– Considérant que le recensement national engagé par le pouvoir continue d’exclure une partie de Mauritaniens, notamment ceux qui vivent à l’extérieur du pays, mettant ainsi certains travailleurs dans une situation grave d’irrégularités et de perte d’emplois ;

– Considérant que l’exacerbation des conflits relatifs à la propriété foncière dans la zone de l’Aftout menace dangereusement les relations entre les différentes communautés qui y vivent ;

– Considérant que la multiplication des accaparements et dessaisissements illégaux dans le domaine foncier par l’Etat, au profit de firmes multinationales ou de privés hégémonistes, devient une préoccupation majeure et crée des inquiétudes parmi les populations les plus démunies de la vallée ;

– Considérant que cette situation ainsi créée prive non seulement ces populations de leurs ressources de subsistance mais crée aussi des tensions aux conséquences très graves pour la cohésion nationale et sociale;

– Considérant qu’une telle politique de complicité de l’Etat est l’expression de sa démission face à ses devoirs d’investissement en faveur du monde rural, ce qui compromet toute velléité d’indépendance alimentaire du pays ;

L’UFP, réunie en son IIIe Congrès ordinaire les 27 ; 28 ; 29 et 30 décembre 2012 :

– Engage la direction du parti à entreprendre toutes les initiatives et actions nécessaires pour exiger du pouvoir que toute la lumière soit faite sur les meurtres et les déportations des Négro-africains conformément au devoir de vérité et de justice ;

– Exhorte la direction du parti à entreprendre toutes initiatives nécessaires pour exiger du pouvoir d’officialiser et d’inscrire dans la Constitution les langues nationales : le Pulaar, le Sooninke et le Wolof et pour inscrire leur enseignement et leur utilisation à tous les niveaux de l’administration publique;

– Engage la direction du parti à envisager toutes les initiatives et les mesures nécessaires pour la réhabilitation de l’Institut des Langues Nationales ;

– Engage la direction du parti à prendre toutes les initiatives nécessaires afin que l’arabe occupe la place qui lui est due ;

– Incite la direction du parti à exiger que les discours officiels soient traduits dans toutes les langues nationales ;

– Mandate la direction du parti pour la mobilisation de tous les acteurs de la vie nationale en vue d’exiger du pouvoir le rétablissement des réfugiés en provenance du Sénégal dans leurs droits, l’indemnisation des rapatriés du Sénégal et une enquête sur la situation réelle de nos compatriotes encore réfugiés au Mali ;

– Engage la direction du parti à entreprendre urgemment toutes les démarches nécessaires pour exiger du pouvoir le recensement de tous les Mauritaniens sans discrimination, notamment ceux vivant à l’étranger et qui sont dans une situation déplorable faute de papiers valides.

– Engage la direction du parti à mener toutes les enquêtes et actions utiles susceptibles d’apporter des solutions justes et durables aux conflits fonciers dans l’Aftout et le reste du pays, pour sauvegarder les relations entre les différentes communautés ;

– Dénonce enfin cette politique irresponsable de l’Etat, exprime toute sa solidarité avec les victimes de toutes ces formes de spoliation et engage la direction du parti à prendre toutes les mesures nécessaires pour y mettre fin.

Fait à Nouakchott le 30 décembre 2012.

Le Congrès

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