RÉSOLUTION SUR LA SITUATION GÉNÉRALE DU PAYS

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Réuni en session extraordinaire les 23, 24 et 25 août 2012, le Bureau National de l’Union des Forces de Progrès est parvenu aux conclusions suivantes :

1. C’est dans un contexte de crise générale, multidimensionnelle et multiforme, aussi bien au plan mondial, régional et national que se déroulent les assises du Bureau National de l’UFP.

2. L’effervescence a gagné le monde arabe (le « Printemps arabe) depuis plus d’une année, engendrant le renversement de régimes dictatoriaux, comme en Tunisie et en Egypte, même si les atteintes aux droits humains et l’injustice à l’égard de certaines catégories sociales (en particulier les H’raatin) persistent encore.

3. Du fait de l’activisme de certains groupes politico-militaires, la région soudano-sahélienne court des risques inquiétants de basculement dans l’instabilité chronique, voire le chaos, comme dans le Nord du Mali et dans le pays d’une manière générale.

4. Le chef de l’État mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a cessé de s’immiscer dans les affaires intérieures du Mali, de soutenir certains groupes séparatistes et de mener des opérations militaires (soutenues par Sarkozy) dans ce pays frère. Il porte une part de responsabilité significative dans le pourrissement de la situation intérieure du Mali.

5. Du fait de la dépendance politique et économique de la Mauritanie à l’égard de l’étranger, de l’influence de la crise mondiale sur la situation intérieure de notre pays, sa fragilité n’a cessé de s’aggraver.

6. Avec l’accroissement des ressources minières et halieutiques, les recettes du pays n’ont pas manqué de s’accroître. Néanmoins, les prix des denrées de première nécessité n’ont cessé d’augmenter, la misère, les maladies, le chômage, la crise du logement et la déperdition scolaire de s’aggraver.

7. On assiste, en même temps, à l’enrichissement illicite, à la corruption et à la gabegie au niveau d’une minorité d’affairistes monopolistes, regroupés surtout autour du Chef de l’État, tenant l’État en otage, en utilisant ses rouages à des fins prévaricatrices.

8. C’est dire donc que l’aggravation de la situation économique et sociale du pays résulte surtout du mode de gestion calamiteux du Chef de l’État. L’irresponsabilité et l’incompétence prévalent au plus haut niveau, les richesses de tous ordres sont accaparées par une minorité, étouffant ainsi le milieu des affaires, au grand désespoir des véritables opérateurs économiques.

9. Une grave sécheresse a frappé les campagnes mauritaniennes pendant plus d’une année, engendrant une catastrophe sans nom pour les agriculteurs et les éleveurs dont les récoltes et le cheptel ont été, pour l’essentiel, détruits ou décimés. Le « plan d’urgence » tardif, dit « EMEL 2012 », d’un montant de 45 milliards d’ouguiyas, a surtout servi à nourrir des prévaricateurs et à alimenter les circuits de détournement des « aides », au détriment des masses populaires, en particulier des éleveurs et des paysans.

10. Par des pratiques discriminatoires diverses, des déclarations provocatrices, le régime en place ne cesse d’approfondir le malaise au sein des populations négro-africaines et d’affaiblir ainsi l’unité nationale.

11. La Mauritanie traverse une grave crise institutionnelle et politique. Pour des raisons liées à sa convenance personnelle, le Chef de l’État a décidé de reporter, de manière unilatérale, les élections municipales et législatives, arrivées à échéance depuis septembre 2011.

Il a violé ainsi, non seulement la Constitution et les lois en vigueur, mais également les engagements pris auprès de la communauté nationale et de nos partenaires, lors de l’Accord de Dakar de 2009.

12. Les Communes et le Parlement, dont le mandat a expiré depuis octobre et novembre 2011, ont perdu leurs prérogatives constitutionnelles et légales, donc leur légitimité. Il en est de même pour le gouvernement qui ne dispose plus d’assise parlementaire majoritaire comme l’exige la Constitution.

13. Le Chef de l’État a porté à la direction de l’Institution ayant en charge l’état-civil, un responsable qui n’en a ni les compétences, ni l’expérience, ne devant sa présence à ce niveau que la seule proximité avec M. Mohamed Ould Abdel Aziz. Des données importantes de l’état-civil ont été détruites, des milliers de citoyens se retrouvant ainsi exclus des listes électorales. Il en résulte que les élections envisagées risquent d’exclure des dizaines de milliers de citoyens, compromettant d’avance leur fiabilité.

Le Bureau National de l’UFP :

1. Lance un appel pressant à l’ensemble des Mauritaniens pour qu’ils contribuent à la recherche de la paix au Mali par le dialogue entre les parties prenantes, en se gardant de toute immixtion dans leurs affaires intérieures ;

2. Dénonce la responsabilité du régime du Président Mohamed Ould Abdel Aziz dans l’aggravation de la crise économique, politique, sociale et sécuritaire que traverse le pays, en particulier sa gestion calamiteuse des dossiers les plus sensibles qui affectent la survie des populations ;

3. Flétrit la politique systématique de bradage des richesses nationales, d’accaparement et de gestion clientéliste des ressources du pays par le pouvoir de M. Mohamed Ould Abdel Aziz, au profit d’une infime minorité de ses proches. Le pays, par exemple, ne retire que de maigres pourcentages de l’exploitation et de la vente de l’or (3 %), les travailleurs des entreprises concernées et les populations mauritaniennes d’une manière générale, ne bénéficient d’aucune retombée significative de leurs richesses propres ;

Le BN de l’UFP :

4. Dénonce l’absence de volonté du pouvoir d’appliquer la législation en vigueur dans le domaine de la lutte contre les survivances et les poches de l’esclavage ;

5. Nourrit de profondes inquiétudes à l’égard de la politique de discrimination de plus en plus dangereuse suivie à l’égard des les négro-africains ;

6. Attire l’attention de l’ensemble des Mauritaniens et de leurs amis de par le monde, sur la grave crise institutionnelle et le vide juridique qui résultent de l’expiration des prérogatives des Communes et du Parlement ;

7. Rejette toute élection non consensuelle organisée unilatéralement par le régime de M. Mohamed ould Abdel Aziz et la considère comme juridiquement inexistante et politiquement inacceptable. Notre parti ne manquera de s’y opposer de toutes ses forces et par tous les moyens.

8. L’UFP réitère son engagement à œuvrer avec la COD et l’ensemble des forces politiques et sociales pour sortir le pays de l’impasse actuelle et restaurer une véritable démocratie pluraliste. Cela suppose la mise à l’écart du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, la mise en branle d’un processus de règlement consensuel de la crise, fondé sur l’émergence d’un gouvernement de large union nationale.

9. C’est sur cette base qu’il sera possible d’organiser des élections générales (présidentielles, parlementaires et municipales), libres démocratiques et transparentes. Il s’agira alors de démanteler la dictature en place et d’appliquer un programme d’urgence économique et sociale en faveur de l’immense majorité des populations ;

10. Le Bureau National de l’Union des Forces de Progrès exhorte l’ensemble de la classe politique, sans exclusive, toute la société civile et les personnalités patriotiques de bonne volonté à tenir, de toute urgence, un forum de large concertation ouvrant la voie à une sortie de crise consensuelle et apaisée.

Fait à Nouakchott le 25 août 2012

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