Résolution sur la crise économique et sociale et la gabegie

0
156

– Considérant la grave crise économique et sociale que traverse le pays, se traduisant notamment par la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité, des soins, des transports, l’explosion du chômage notamment des jeunes diplômés ou non, la détérioration du pouvoir d’achat , l’appauvrissement accéléré des classes moyennes et l’accroissement de la délinquance et de l’insécurité etc.;

– Considérant la démission du régime et la quasi paralysie de l’administration vis-à-vis de la situation désastreuse dans laquelle se débattent les populations les plus vulnérables, particulièrement les paysans et les éleveurs frappés de plein fouet par les conséquences de la sécheresse de l’année dernière ainsi que les ex-réfugiés au Sénégal et les victimes des évènements de 1989;

– Considérant l’échec patent du Plan d’urgence tardif dit « PROGRAMME EMEL 2012 » d’un montant de 45 milliards d’ouguiyas qui, loin d’alléger durablement et réellement les souffrances des paysans, des éleveurs et des autres masses populaires et de les aider à faire face à la disette et à la décimation du cheptel, a surtout servi à nourrir les prévaricateurs et à alimenter des circuits opaques de détournement de « l’aide » et des filières de redistribution clandestine politicienne des denrées comme le montrent les scandales récurrents des « boutiques témoins »aussi bien à l’intérieur du pays que dans les quartiers populaires de Nouakchott ;

– Considérant le dessaisissement de l’Assemblée nationale et des structures de régulation devant exercer un contrôle légitime et rigoureux de la gestion des ressources naturelles et des marchés désormais accaparés par le Chef de l’Etat et sa clientèle, au détriment de la transparence et de la liberté des marchés publics et privés ;

– Considérant qu’aux dires du FMI lui-même, les chiffres avancés par le Chef de l’Etat en matière de croissance et de réserves de devises ne concernent que le secteur extraverti des mines et qu’à l’inverse la situation socio-économique se caractérise plus que jamais par un chômage galopant et une pauvreté qui s’étend, un recul du PIB entre 2011 et 2012 et une violation systématique du code des marchés publics ;

L’UFP :

– Dénonce le pillage éhonté des ressources minières en particulier l’or, des ressources halieutiques et des ressources foncières du pays, en faveur d’une minorité d’ « hommes d’affaires » monopolistes liés au pouvoir et d’ « investisseurs » étrangers prédateurs au détriment des hommes d’affaires nationaux et des consommateurs, la corruption et la gabegie qui se sont développées à une échelle sans précédent dans l’histoire du pays ;

– Exige un audit indépendant et une révision du Plan d’urgence pour faire participer à sa mise en œuvre et à son contrôle, les représentants des populations concernées ; particulièrement l’organisation des éleveurs dont les assises nationales ont été illégalement reportées par l’administration ;

– Exige le respect intégral des règles du Code des marchés publics et la loi imposant la publication du patrimoine du Chef de l’Etat comme condition sine qua non de toute transparence au sommet de l’Etat ;

– Se félicite de la lutte courageuse des populations en particulier les travailleurs pour la défense de leurs intérêts vitaux et dénonce la répression parfois meurtrière dont ils font de plus en plus l’objet de la part du régime en place ;

Exhorte les forces politiques, les associations et les personnalités de la société civile à se préoccuper davantage de la situation désastreuse des populations les plus vulnérables, en particulier celles des campagnes et à s’opposer fermement à la corruption, à la gabegie et à la répression généralisées qui disloquent l’unité sociale et nationale du pays et accroissent les risques de déstabilisation et de chaos qui menacent le pays.

Fait à Nouakchott le 25 août 2012

Laissez une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here