Le président Malien ATT, reçoit les participants au colloque « Crises du Sahel »

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Mr Amadou Toumani Touré, Président de la République du Mali a reçu en audience, lundi 12 décembre 2011, une délégation des participants au Colloque organisé par le PARENA sur les « Crises du Sahel ».

Les participants au Colloque ont fait honneur au premier Vice-Président de l’UFP, BÂ Boubakar Moussa, de prendre la parole en leur nom pour présenter les conclusions du Colloque.

C’est à 13:00 TU que les délégués des participants au Colloque sont entrés dans la salle d’audience du Président de la République du Mali. Le Président ATT les as immédiatement reçus, serrant la main à l’ensemble des participants présents.

Tiébilé Dramé, Président du PARENA a pris le premier la parole, pour remercier le Président ATT d’avoir bien voulu recevoir la délégation et d’avoir accordé son soutien à la tenue du Colloque et contribué à son succès. Il a ensuite présenté, nommément, les différents membres de la délégation, avant de céder la parole à BÂ Boubakar Moussa, porte-parole de la délégation.

Le premier Vice-Président de l’UFP, répondant aux voeux exprimés par les membres de la délégation, s’est adressé au Président de République du Mali dans sa langue maternelle, le Fulfulde (Pulaar).

Après avoir remercié en Fulfulde le Président ATT, pour cette audience prise sur son temps précieux, BÂ Boubakar Moussa a poursuivi son intervention en Français, pour permettre à l’ensemble des participants de saisir ses propos :

« Monsieur Le Président,

Les délégués du Colloque de Bamako, à l’initiative du PARENA, m’ont fait fait l’honneur de parler en leur nom, pour vous présenter les conclusions dudit Colloque.

Permettez-moi, avant tout, de vous remercier pour avoir pris de votre temps précieux afin de nous recevoir.

Nous avons également bien apprécié la participation et l’intervention de votre Ministre des Affaires Étrangères au cours du Colloque, renforçant ainsi l’attention particulière que vous accordez à nos travaux.

Le plus notable au cours du Colloque, c’est la voix forte de l’ensemble des élus Maliens qui ont insisté sur l’urgente nécessité de voir l’État intervenir pour manifester sa présence militaire, mais également et surtout pour décentraliser les charges, les responsabilités et les ressources nécessaires à leur exercice. En effet, c’est sur le plan local que les contradictions entre communautés se manifestent avec la plus grande acuité, exigeant des solutions immédiates et salvatrices.

Tout en insistant sur la présence de l’ État pour manifester la présence des forces publiques, assurer la sécurité des citoyens et leurs biens, les participants au Colloque ont estimé que l’exercice de la force et de la violence ne constituent pas une solution aux enjeux majeurs qui se posent dans les relations entre communautés. Seuls l’usage du dialogue sans exclusive, des échanges, de la recherche du compromis peuvent assurer l’emergence de solutions viables et durables.

Nous sommes également conscients des graves dangers que constituent le trafic de la drogue, des armes, de la monnaie et d’autres substances. Les migrations de personnes fuyant la misère et recherchant le salut sous d’autres cieux, figurent également parmi nos préoccupations. Les questions évoquées revêtent toutes un caractère sous-régional, voire international. Les pays concernés ont besoin de se consulter, d’arriver à une approche consensuelle et d’impliquer les autres acteurs.

Nous sommes convaincus qu’il est indispensable pour l’ensemble des acteurs de s’impliquer à tous les niveaux, et d’assumer la part de responsabilité qui leur incombe : notables, élus, communautés locales, partis politiques politiques, associations de la société civile.

Nous avons eu pleinement en vue les révolutions en Tunisie, en Egypte et en Libye, ainsi que leurs implications prévisibles. Nous sommes conscients de la présence d’éléments armés venant du Nord du Mali et du Niger, avec des positions nuancées. Il convient d’approcher les uns et les autres et de trouver des solutions pacifiques et négociées.

Si, au cours du Colloque, la place et le rôle de l’armée dans la recherche de solutions aux crises du Sahel ont fait l’objet de prises de position nuancées, le point de vue largement dominant milite pour que les forces armées se consacrent à la défense de l’intégrité et de la souveraineté du territoire national, la gestion de la cité relèvent de la responsabilité des partis politiques et des autres acteurs concernés. »

Le Colloque a recommandé aux amis Maliens de tenir des fora intra-communautaires, intercommunautaires et au niveau national.
Monsieur le Président, nous avons convenu de modifier la périodicité de ce genre de Colloque pour le ramener à six mois. Nos camarades du PNDS du Niger, se proposent de nous accueillir fraternellement. »
Permettez-moi de leur passer la parole… »

Le Colonel Mohamadou Abou, Responsable de la Cellule de Suivi du Nord, succédant à BÂ Boubakar Moussa, a surtout mis l’accent sur l’importance d’une présence militaire significative et dissuasive sur le terrain.
Il est revenu sur les questions relatives au trafic de la drogue, des armes, sur AQMI et autres groupes terroristes.

À son avis il n’y a pas à négocier avec les terroristes et les trafiquants, il faut les détruire ! »

Le Président ATT a pris la parole debout. Voici le résumé des propos qu’il a tenus :

Il a commencé par rendre à BÂ Boubakar Moussa les salutations en Fulfulde, avant de continuer en Français.

Tout en exprimant son soutien aux propos du Colonel Mouhamadou Abou sur la nécessité d’une présence militaire significative et dissuasive, le Président ATT s’est longuement étendu sur le fait qu’il n’y a pas de solutions par la violence et la répression aux contradictions inter-communautaires. Le Président ATT a insisté sur le recours au dialogue, révélant qu’il a reçu les représentants de deux groupes armés qui ont exprimé leur disponibilité à déposer les armes, et sur l’exigence de trouver des solutions à leur insertion dans le tissu national. Le gouvernement malien a entrepris des démarches auprès du troisième groupe, apparemment plus belliqueux, pour comprendre ses doléances et ses conditions.

Le Président ATT est très étonné de la jeunesse des preneurs d’otages. Révélant que ses derniers ont « vendu » leurs otages à un prix « dérisoire » en CFA, il a ajouté, sur le ton de la plaisanterie : « Mais, ils auraient pu me les vendre, pour nous éviter le chantage de AQMI, je les aurai achetés au double! »

Il a remercié les participants au Colloque de leurs conclusions dont BÂ Boubakar Moussa lui a remis une copie. Il s’est engagé à en étudier avec soin le contenu et à voir comment les mettre en oeuvre, chaque fois que possible, sur le plan national et régional. Il a souhaité que chacune des délégations remette les conclusions du Colloque au Président de son pays.
En conclusion, le Président ATT a remercié le PARENA pour son initiative et a exprimé sa disposition à répondre aux questions des participants. Ces derniers l’ont remercié de sa patience et ont pris congé à 14:15 TU.
Le Président ATT a tenu à raccompagner les délégués à la porte de la salle d’audience et a serré la main à chacun d’entre eux. Il a pris une photo de souvenir avec BÂ Boubakar Moussa.

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