Discours de Bâ Boubakar Moussa, 1er vice président de l’UFP au colloque « Concertation sur les crises au Sahel »

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« Au nom de l’UFP, BÂ Boubakar Moussa, Premier Vice-Président du Parti, a pris la parole et prononcé la déclaration suivante, au cours de la séance du 10 décembre, consacrée aux considérations générales sur les Crises au Sahel :

« Les crises au Sahel ont non seulement une dimension nationale, mais également régionale. »

« Elles présentent une alchimie sociale très complexe, impliquant divers acteurs comme : les leaders des communautés locales, les autorités religieuses, les élus à différents niveaux, les représentants des partis politiques et ceux de la société civile. »

« Les partis politiques et les autres acteurs devraient se convaincre de la nécessité pour chacun d’entre eux de jouer la part de la partition qui lui revient, suivant le principe de la subsidiarité. »

« L’application judicieuse de ce principe signifie que chacun, en ce qui le concerne, au niveau où il est impliqué, a le devoir d’apporter sa contribution à la recherche des solutions aux contradictions sociales, en particulier celles qui touchent à la vie et à l’existence des communautés. »

« Lorsqu’un acteur ne parvient pas, en dépit des efforts consentis, à trouver de solution satisfaisante pour les acteurs (ou n’en trouve qu’une solution partielle), il doit cèder la place à d’autres autres acteurs… Ainsi les uns et les autres apporteront leur contribution et s’approprieront la solution qui aura fini par prévaloir. »

« Du fait des responsabilités partagées à divers niveaux, il existe des légitimités que nous gagnerions à prendre pleinement en considération. »

« En cette matière, la violence n’a pas de place ! Seuls le dialogue, la concertation, la recherche du compromis, d’une étape à l’autre du processus, permettront l’émergence de solutions viables et durables. »

« Si la présence de l’État est nécessaire et souhaitable, le recours aux forces publiques est destiné à assurer la sécurité des biens et des personnes et à contribuer activement au fonctionnement normal des institutions. »

« L’usage de la force et de la violence, comme le préconisent certains, pourrait s’avérer suicidaire, si l’on n’y prend garde. Notre expérience en Mauritanie nous a suffisamment instruits dans ce domaine et nos amis ici présents pourraient, s’ils le souhaitent, en tirer le meilleur parti. »

« Certains intervenants, en particulier le Président Tiéblé Dramé qui préside la séance, m’ont demandé de m’appesantir quelque peu sur l’intervention de l’armée mauritanienne dans le Nord du Mali. »

« Le Chef de l’État mauritanien, contrairement au souhait exprimé par bon nombre d’intervenants, gère de manière solitaire la lutte contre le terrorisme. Or nous avons besoin d’une concertation large et consensuelle entre les principaux acteurs de la scène publique, pour mobiliser l’opinion publique et les populations, pour gagner la sympathie et le soutien de nos amis dans la région et au-delà. »

« Ceux qui président aux destinées de la Mauritanie n’ont en vue que la dimension militaire de la lutte contre le terrorisme, ignorant les dimensions politiques, économiques, sociales et culturelles de la question. »

« Pour l’UFP, nous devrions discuter de la place et du rôle de l’armée dans nos pays. Lorsque certains pensent que l’armée devrait être impliquée dans la résolution des questions politiques, l’UFP, quant à elle, estime que les forces armées devraient se consacrer exclusivement à la défense des frontières du pays et à la sauvegarde de sa souveraineté. C’est aux acteurs politiques, et à ceux de la société civile qu’il revient d’assurer la gestion de la Cité. »

« Sur quels bases ? Celles d’un système démocratique véritable, transparent et fondé sur le suffrage universel. Il ne s’agit pas de copier l’Occident. Il s’agit d’adapter les principes universels de la démocratie et ceux de l’économie de marché, à nos conditions propres. Ces principes ont fait la preuve de leur pertinence sous d’autres cieux. »

« La mobilisation régionale que souhaitent et saluent certains amis n’aura de lendemains que si les conditions nécessaires au plan national sont pleinement remplies. »

« Permettez-moi d’attirer votre attention sur d’autres questions essentielles pour le devenir de mon pays et sur le rôle qui devrait être le sien dans la recherche de solutions aux crises qui nous préoccupent tant. »

« Les révolutions en cours dans le monde arabe, sous la bannière de l’Islam, en particulier en Tunisie, en Egypte, en Libye et au Yémen, de même que les changements démocratiques au Maroc, auront, inévitablement, des incidences en Mauritanie. »

« Suivant quelle ampleur, selon quelle envergure et jusqu’à quel point ? Nul ne saurait le prédire… Ici, la responsabilité et la hardiesse des acteurs politiques sont pleinement engagées, pour s’y préparer concrètement. Mais c’est la disposition des populations mauritaniennes elles-mêmes qui jouera le rôle décisif. »

« Je n’ai pas oublié le contexte mondial dans lequel les crises en cours, sont porteuses de bouleversements qui pourraient s’avérer majeurs, pour l’Europe et le monde dans son ensemble. »

« Avant de conclure, permettez-moi de féliciter le Ministre Malien des Affaires Étrangères et de la Coopération pour les propos rassurants et sages qu’il a tenus. Je voudrais simplement lui dire, fraternellement, que ce qui nous préoccupe c’est la mise en oeuvre effective des engagements pris sur le terrain, comme l’ont souhaité avec force la grande masse des élus. »

« Son Excellence l’Ambassadeur de France nous a assuré du soutien de son pays aux efforts du gouvernement malien dans la lutte contre le terrorisme. Nous exprimons notre espoir de voir ce soutien s’étendre à l’ensemble des pays du champ, à condition qu’il s’appuie sur la volonté des pays eux-mêmes. À cet égard, il n’est pas très indiqué de susciter et de soutenir la politique solitaire et aventurière du Chef de l’État mauritanien. »

« Merci pour votre patience ! »

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