Communiqué sur le mépris du pouvoir pour les souffrances des populations pauvres

0
280

Le pouvoir en place a pris l’habitude d’exploiter, sans aucun scrupule, les souffrances des populations et particulièrement les franges les plus démunies depuis son usurpation du pouvoir en 2008 suite à son coup d’Etat tristement célèbre.

Cela s’est illustré, notamment, par des campagnes médiatiques grotesques et tapageuses destinées, pourtant, à traiter des problèmes aussi sensibles que celui des quartiers précaires ou gazra.

En effet, dès son arrivée au pouvoir, le chef du régime a annoncé en grande pompe sa détermination à mettre fin à l’interminable supplice des populations des bidonvilles de Nouakchott en moins d’une année.

Pourtant, trois ans après le lancement de la campagne à Elhay Sakin, la situation reste exactement la même et les promesses du  » président des pauvres », des paroles en l’air.

Ainsi, cette campagne démagogique et irresponsable a démarré avec une opération de recensement, menée en grande pompe, qui a eu pour effet un exode massif de populations des régions de l’intérieur en direction de la capitale, semblable, à plusieurs égards, à l’exode massif qui a suivi la grande sécheresse des années 70.

Dans ses tâtonnements, le pouvoir en place a ignoré complètement tous les efforts antérieurs de l’Etat qui ont permis, notamment, le lotissement de plusieurs quartiers de la Moughataa de Arafat dans des conditions relativement acceptables et calmes, où chaque famille obtenait un montant de 70 000 UM et où l’Etat prenait en charge le transport des familles bénéficiaires de nouveaux terrains.

Aujourd’hui, par contre, on ne parle que de déloger, souvent par la violence, des familles démunies qui se retrouvent, dans le meilleur des cas, titulaires dune parcelle de 120m2 dans une sorte de no man’s land dépourvu du minimum vital et dont la valeur réelle ne couvre même pas le 1/3 des charges qui ont permis d’y accéder.

En outre, ces opérations, menées dans l’anarchie et l’improvisation, ont été émaillées d’erreurs grossières en faisant fi, par exemple, des relevés topographiques aériens et en s’appuyant sur des commissions sans aucune qualification et dans l’opacité la plus totale. Le résultat était catastrophique, avec de nombreuses familles oubliées du recensement ou sans abri après le démantèlement de leurs habitats et cherchant, en vain, l’accès à une propriété illusoire.

Devant ces situations dramatiques et humiliantes, les autorités n’ont rien trouvé de mieux qu’un recensement fictif dont l’écho a encore conduit à un nouvel exode massif vers la capitale qui a encore accentué les souffrances des populations déjà meurtries.

Nos gouvernants actuels ne semblent éprouver aucune gêne à rééditer, sans cesse, ces méthodes absurdes et méprisantes. Les voilà, en effet, qui recourent aujourd’hui à la même mise en scène grossière, avec pour objectif, de distraire les citoyens et les détourner des vrais problèmes du pays et des populations et surtout, desserrer l’étau pressant sur la présidence prise d’assaut, tous les jour, par des manifestants excédés par le mépris et les souffrances physiques et morales après que la présidence de la république ait donné ses instructions aux autorités administratives, pour inscrire tous ceux qui en manifestent le désir sur présentation de la carte d’identité nationale.
Face à la persistance des méthodes du pouvoir en place, l’UFP :

– Réaffirme sa ferme condamnation et son refus absolu des méthodes du pouvoir que les populations commencent à découvrir, sous leur vrai visage;

– Fait porter au pouvoir l’entière responsabilité du fiasco qu’a été le lotissement des quartiers précoces et leurs conséquences désastreuses, notamment l’exode massif et les souffrances de dizaines de milliers de familles sur la base d’annonces démagogiques et mensongères.

– Lance un appel à notre vaillant peuple pour qu’il maintienne sa pression et sa lutte pacifique pour exprimer nos refus de telles procédures indignes.

Nouakchott le, 29/05/2011

Commission de Communication

Laissez une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here