Communiqué : renouvellement partiel du Sénat

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Au lendemain de l’annonce, par le pouvoir en place, de la date fixée pour le renouvellement partiel du Sénat et en concertation avec nos autres partenaires au sein de la COD, nous avons convenu d’interpeller le Ministre de l’intérieur en développant un argumentaire objectif qui justifie, de notre point de vue, le report de ce scrutin jusqu’à ce que soient mises en place les conditions minimales pouvant permettre une compétition saine.
La réponse du Ministre de l’intérieur fut aussi surprenante qu’inopportune puisqu’il s’est contenté de remettre en cause la légalité même de notre coordination.

Nous avons donc été d’autant plus surpris par cette réaction qu’elle est tout à fait contraire à l’esprit et à la lettre de la loi qui confère, bel et bien aux formations politiques la possibilité de constituer des regroupements.

En revanche, la convocation du collège électoral pour ce scrutin était, elle, tout à fait illégale.

Ce comportement du ministre de l’intérieur confirme, en fait, les appréhensions qu’avaient de nombreux acteurs politiques quant aux penchants unilatéralistes et despotiques du pouvoir actuel.

Un pouvoir qui semble ignorer que la gestion de pareils scrutins touchant, si directement, la vie des populations, ne peut se faire sans un minimum de concertation et de consensus.

Et comme le ministre de l’intérieur ne peut avoir agi de son propre chef, nous sommes en droit d’affirmer que le chef de l’Etat prend ainsi une responsabilité grave.

En effet, le chef de l’Etat est-il vraiment conscient que l’époque du pouvoir personnel et du parti-Etat est à jamais révolue et que la gestion des affaires publiques dans notre monde arabe, ne peut plus être exclusive et unilatérale après les révolutions tunisienne et égyptienne ?

N’a –t –il pas comprit que la gestion de la compétition électorale et du jeu politique ne peut plus se faire sans concertation et sans esprit de consensus ?
Le pouvoir aurait été plus inspiré, en méditant les événements en cours en Lybie et en Côte-d’Ivoire, de rechercher l’apaisement et d’œuvrer à prémunir notre pays contre les dérapages dramatiques qui se déroulent si près de nous.

L’UFP, en condamnant fermement cette décision unilatérale et inopportune, y voit un pas dans la mauvaise direction.

Nous avions dénoncé, à maintes reprises, cette foire scandaleuse à laquelle donnait lieu, souvent, l’organisation de tels scrutins et l’image abjecte que tout cela donne de notre démocratie et de notre pays.
Il va s’en dire que l’attitude du pouvoir actuel et de son parti ne fait que perpétuer ces pratiques abominables.

Pour toutes ces raisons, nous réitérons notre décision de ne pas participer à cette mascarade en attendant que soient créées les conditions d’une compétition démocratique et transparente, ce qui passe, nécessairement, par une révision du système électoral anachronique qui a servi, par le passé, à légaliser toutes les formes de fraude et de manipulation érigées en méthodes de gestion par les régimes despotiques.

Nouakchott, le 07 Avril 2011

Le département de Communication

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