Candidature au Brevet et au Baccalauréat : Tracasseries de la Direction des examens.

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Le constat est amer deux semaines après le démarrage du dépôt des dossiers de candidature des élèves candidats aux examens du BEPC et du Baccalauréat pour la session de juin 2011.

Ce ne sont pas seulement les candidats eux, qui se plaignent de cette situation qu’on peut qualifier de calvaire ; mais également leurs parents et les chefs d’établissement scolaires. C’est un véritable parcours de combattant pour les élèves qui cherchent à se présenter à ces examens, qu’ils soient résidents de Nouakchott ou de l’intérieur du pays.

Témoignage accablant d’une candidate.

Mademoiselle, Kadiata Amadou Lam, candidate au baccalauréat pour la seconde fois, nous a raconté l’épreuve qu’elle a endurée à Nouakchott, en possession de son dossier de candidature pour le déposer aux services des examens.

« Mon dossier de candidature au BEPC a été rejeté au motif que mon acte de naissance était transcrit à la main. Pour qu’il soit accepté, il m’a été signifié que je devais présenter un certificat de scolarité signé par un directeur d’établissement alors que moi, j’appartiens à la vague des élèves de l’ancien système». Elle ajoute : « malgré tout, j’envoie mon acte de naissance à Boghé pour la transcription avec la machine.

Une fois l’acte renvoyé, je parviens bien après d’incessants va et vient et beaucoup de dépenses, à faire accepter mon dossier au bac. En ce qui concerne la bataille du brevet, je retourne à Boghé où je me rends au lycée pour rencontrer le directeur.

Là, je tombe sur un gentil fonctionnaire qui n’est autre que le directeur en personne. Par rapport au certificat de scolarité, il décroche son téléphone et appelle un responsable à la Dren pour savoir si le document cité fait partie du dossier à fournir. Eh bien, la réponse est négative. Celui que j’ai appelé me dit qu’il n’est pas au courant de cette information. Je repars déçue sans savoir ce qu’il faut faire », explique la jeune fille.

Cacophonie et calvaire des candidats.

En fait, la situation décrite par mademoiselle Lam n’est que la partie visible de l’iceberg. Les choses que nous avons observées à travers certains établissements scolaires de la région, prouvent le règne d’une véritable cacophonie à la direction qui a la charge d’organiser ces examens et qui se répercute dans les établissements de l’intérieur.

Au Brakna, la circulaire fixant les conditions de la participation n’est parvenue à la Dren qu’en début de cette semaine, alors que certains élèves officiels avaient déjà commencé à déposer leurs dossiers de candidature.

Une dizaine de jours après les dépôts, une rumeur folle se propage dans les établissements et faisant état du rejet de tout acte d’état civil qui n’est pas saisi à l’ordinateur. C’est le cafouillage total. Les élèves comme leurs parents et le personnel enseignant sont dans le doute et ne sachant plus quoi faire face à une situation où même les premiers responsables sont dépassés.

Cette rumeur ne finissait pas d’enfler, les centaines d’élèves qui avaient déposés leurs dossiers sont obligés sous peine de rejet de leurs dossiers de fournir le bulletin de note de la 3ème année.

Pendant ce temps, les candidats libres et les élèves officies qui sont au lycée sont informés qu’ils doivent fournir une attestation de scolarité signé par le directeur du lycée et contre signé par le Dren et un bulletin de 4ème contre signé également par directeur régional. Du coup, le déroulement normal des cours est sérieusement perturbé, car les élèves, hantés par le dépôt s’absentent aux cours des heures durant pour s’affairer autour de la confection de leurs dossiers de candidature.

Saignée financière des parents.

Et pour parvenir à cette fin, les élèves ou leurs parents subissent une saignée financière sans commune mesure dans cette conjoncture économique difficile où les chefs de ménage ont du mal à joindre les deux bouts.

Pour quatre photos, il faut casquer 600 UM, une copie d’acte de naissance rédigée à la main vaut 200 Um et celle imprimée à la machine à 400 Um (dans certains endroits seulement de la région), l’attestation de scolarité coûte elle 550 UM (50 Um pour le formulaire et 500 Um (prix très abordable si l’on sait que le prix du transport aller retour de certains endroits de la région vers Aleg la capitale régionale , le passager devra débourser entre 1400 à 2000 Um) au convoyeur qui convoie le document à Aleg ; le timbre fiscal à 300 Um voire 500 Um.

Faites l’addition pour voir ! Pourquoi toutes ces tracasseries ? C’est la question que se posent ici toutes les personnes concernées de prés ou de loin par cette affaire. Dans une république qui se respecte, ces tracasseries pouvaient être évitées à nos apprenants et leurs parents.

Etant donné que tous les élèves officiellement admis dans les établissements secondaires de l’Etat ainsi que ceux des écoles privés sont fichés avec des matricules dans l’ordinateur, nous ne voyons vraiment pas l’opportunité d’exiger d’eux tous ces papiers. Des photos et une demande timbrée suffisaient.

Echec du MEN et du pouvoir en place.

Le fait d’exiger des actes d’état civil saisis à l’ordinateur relève de l’amnésie. Mais un élève de Ouad Amour, ou de Dionaba, ou de M’Bagne, de Dar El Avia ou de Aîn Farba ou de Towaz peut-il fournir aussi facilement l’un des ces documents demandés ? A priori non !

Des endroits sans électricité et qui ne sont pas dotés d’ordinateurs ne peuvent pas satisfaire à cette exigence. A force d’humilier ces jeunes et de les marginaliser dans les concours, incontestablement les pouvoirs publics préparent les jeunes Mauritanien à une révolution identique ou pire que celle qui s’est passée en Tunisie.

L’honorable député Kadiata Malick Diallo aura beau dénoncé au parlement et devant le ministre de l’enseignement avec des prises de position dignes d’éloges, les dysfonctionnements, laxismes, incompétences des cadres, affectations et promotions arbitraires, enseignement au rabais (preuves et chiffres irréfutables à l’appui) dans le secteur de l’éducation, rien ne changera malgré le « Changement constructif » chanté et loué à tout vent.

Et pourtant Nebghouhé Mint Haba, était sur le point de révolutionner notre système éducatif. La vérité est que le gouvernement de Moulaye O Mohamed Laghdaf a lamentablement échoué et sur tous les plans. Le pays est assis sur une bombe à retardement prête à exploser d’un moment à l’autre sans que le pouvoir en place prenne conscience de la gravité de la situation. Qu’Allah protège la Mauritanie !

Thièrno Souleymane CP Brakna

Le Quotidien de Nouakchott

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