Editorial n° 588 de Biladi

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Les critiques du président de l’UFP au régime ne sont pas passées inaperçues et ordre a été donné aux gens de la majorité de lui répondre. Du coup, toutes les interventions des ténors de l’UPR, lors des derniers jours de sa campagne nationale de sensibilisation qui a touché tous les coins du pays, ont pour thème favori : l’attaque de l’ennemi désigné.

Prenant souvent la forme de diatribes injurieuses, les critiques des gens de l’UPR contre Ould Mouloud paraissaient même comme un devoir que chacun tenait à accomplir personnellement et à toutes les occasions qui se présentent (ou ne se présentent pas). Mais peut-on pour autant croire que le pouvoir se consacre entièrement à ce dossier ou, comme veut le laisser croire, qu’il est sa principale préoccupation. Certainement pas. Le pouvoir est braqué sur une seule chose : la guerre contre AQMI.

Les négociations avec Adil, l’AJD/MR ou avec le chef de file de l’opposition, tout cela n’est pas une priorité. Juste une manière de faire et une tentative de donner l’impression qu’on est dans une situation normale. La réalité est toute autre. Notre pays est réellement entré en guerre contre un ennemi insaisissable : les groupes terroristes. Un conflit qui risque de s’allonger dans le temps, de quitter cher, très cher à notre pays et, surtout d’occuper le pouvoir et le détourner des nombreux autres défis.

Cette crainte est d’autant plus justifiée que les régimes qui se sont succédé à la tête de la Mauritanie, tous présidés par d’anciens militaires convertis en civil mais qui n’ont rien oubliés de leur doctrine militaire, font passer la sécurité avant tout. L’actuel président ne l’a jamais caché. Lors de l’un de ses meetings, il avait déclaré ouvertement que la sécurité est la chose la plus importante et qu’il est prêt à sacrifier tous les autres aspects de vie, si nécessaire, pour la réaliser…

Nous devons comprendre que le pouvoir, même s’il tente de le cacher, n’a qu’une seule priorité actuellement : la guerre au Nord du Mali. Beaucoup de militaires ont été envoyés sur ce front. Ils ont besoin d’une logistique lourde et coûteuse. Ils ont besoin d’acheter à prix fort la fidélité des populations locales… Autant de tâches et de préoccupations qui ne laissent guère de place aux autres dossiers. En un seul mot : la guerre continuera d’occuper, de préoccuper et d’engloutir les maigres ressources du pays. Et personne n’a le droit d’en parler ! C’est le domaine du sacré…

Biladi

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