Communiqué de la COD: évènements inquiétants à l’université

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L’Université de Nouakchott a été, de nouveau, le théâtre d’événements fort inquiétants suscités, comme à la fin du mois passé, par des déclarations d’un membre du Gouvernement actuel au sujet de la question très sensible de l’identité nationale et du statut des langues. Le développement le plus grave a eu lieu ce jeudi, lorsque des éléments manifestement étrangers au campus sont venus provoquer des rixes entre étudiants.

Face à la volonté désormais indubitable du régime de se servir de ce débat – dont la Constitution du 20 juillet 1991 amendée a définitivement clos les controverses – pour détourner les populations des vrais problèmes qui menacent l’existence de notre pays, la Coordination de l’Opposition Démocratique :

1- Dénonce avec force les déclarations délibérément provocatrices du pouvoir, attisant tantôt la colère des étudiants négro-africains par l’annonce d’une « arabisation intégrale de l’administration », et tantôt celle des étudiants arabes en remettant en cause le statut de langue officielle de l’arabe, alternant ainsi cyniquement l’exclusion des uns et des autres.

2- Rend le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz entièrement responsable des conséquences néfastes des agissements de ceux qui poussent nos populations vers la confrontation.

3- Condamne la surenchère de certains milieux sur cette question, rappelant que le pluralisme linguistique et la diversité culturelle consacrés par la Constitution devraient dissuader quiconque se soucie de la stabilité de ce pays et de la cohabitation fraternelle entre ses différentes composantes, d’ouvrir ce débat sur le ton de la provocation et de l’indexation de l’autre.

4- engage le gouvernement à cesser les sorties intempestives de ses membres et le met en garde de jouer avec le feu dévastateur des clivages ethniques et raciaux pour faire diversion à la crise multiforme dans laquelle il se débat.

5- appelle l’ensemble des étudiants mauritaniens à refuser de se laisser manipuler par les chauvins à tout poil, et à opposer un sens élevé de l’intérêt national, de la tolérance et de la fraternité aux visées destructrices de ceux qui veulent réaliser des acquis politiques sur les cendres de l’unité de notre peuple et la cohabitation pacifique de ses ethnies.

6- appelle les parents d’élèves, les enseignants, la société civile et tous les acteurs nationaux responsables à s’investir dans la lutte contre la résurgence de l’antagonisme et de la haine ethniques dont la menace sur la paix civile et la stabilité de notre pays est désormais réelle.

7- Réclame un dialogue national constructif, donc dans un contexte forcément serein et responsable, pour aboutir à un projet commun de développement d’un système éducatif susceptible de renforcer davantage la cohésion de notre peuple.

Nouakchott, 16 avril 2010

La Commission de Communication

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