Bouamatou négocie pour Aziz qui se raidit : ça coince vraiment !

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Alors que l’annonce du Gouvernement d’union national (GUN) était attendue aujourd’hui, la surprise arrive du camp du Général Ould Abdel Aziz qui vient de démettre son négociateur en chef, le ministre des finances Sid’Ahmed Ould Rayess afin de le remplacer par Mohamed Yahya Ould Horma. Ould Rayess revient à la Direction de la campagne électorale du Général.

Mohamed Yahya Ould Horma, dit Hayatou, dirige BSA-Industries (Ciment et Gaz) ; il est considéré l’un des hommes de confiance du banquier et entrepreneur Mohamed Ould Bouamatou, proche cousin du Général Ould Abdel Aziz.

Pendant les négociations, dès que le médiateur en chef Cheikh Tidiane Gadio finissait par prendre en compte les opinions des deux délégués anti putsch Mohamed Ould Maouloud et Mohamed Abderahmane Ould Moïne, il se rendait au bureau de Ould Bouamatou afin d’en obtenir la réaction de Ould Abdel Aziz.

Ould Rayess, pourtant désigné par le Général pour défendre ses intérêts dans le processus de réconciliation, tombe victime de sa sympathie et de son ouverture, deux caractères sur quoi s’accordent tous les témoins des entretiens de Dakar. Les délégués de l’opposition l’appréciaient au point de s’en accommoder comme premier ministre mais le Général a préféré reconduire Ould Mohamed Lagdhaf.

Selon les observateurs qui l’ont côtoyé durant les pourparlers de Dakar, Ould Rayess est doué, poli et ne manque d’intelligence. Tiraillé entre les contradictions du Général, il perd connaissance à Dakar ; ironie du sort, le Docteur Outouma Soumaré, l’un des délégués du front anti putsch, se chargera de lui porter les soins d’urgence.

Ould Rayess commençait ainsi à bénéficier d’une aura dans l’opinion publique, suite à la signature des accords de Dakar mais sa fortune soudaine ne pardonne pas, dans le camp du Général où aucune tête ne doit dépasser celle du chef.

Selon un analyste politique sollicité par Taqadoumy, les tractations vont devenir de plus en plus difficiles, car le changement du négociateur s’accompagnera d’un raidissement du Général dans le camp duquel le doute s’installe et les défections menacent, surtout au profit de son concurrent et cousin issu de germain, le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, chef de la transition démocratique de 2005-2007.

Pourtant, au terme d’une réunion récente, les notables de la tribu désavouaient sa candidature à la Présidence de la République, au motif que Ould Abdel Aziz s’était déclaré avant, d’où le bénéfice de l’antériorité. Qu’importe, Ould Mohamed Vall continue sa percée chez les notables tribaux de la fameuse « Mauritanie des profondeurs » dont le camp putschiste vantait la force et la loyauté. « Contre les dons de millions et de 4X4 par Ely, nous ne disposons que de notre confiance en la popularité de Aziz », confie, rassurant mais inquiet, un éminent partisan du Général.

Ould Horma, le nouveau négociateur en chef nommé par le Général, est réputé hostile à l’entourage de l’ancien Chef de l’Etat Maaouiya Ould Taya. Or, les proches de ce dernier constituent l’une des composantes du front anti putsch. Lorsque Ould Horma assurait la Direction Générale des Impôts, les établissement de Abdellahi Ould Noueigeud (AON) et de Mohamed Abdellahi Ould Abdellahi (MAOA) constituaient l’une de ses cibles régulières. Il ne manquait jamais l’occasion de soumettre les deux puissants cousins de Ould Taya à de lourdes amendes ; sa disgrâce ne tarda.

En conséquence, la promotion de Ould Horma répondrait aussi à la candidature de Mohamed Saleck Ould Heyine, cousin de Ould Taya et ancien patron de la SNIM.

Au fond, l’accord de Dakar bute sur le refus, par le Général Ould Abdel Aziz, d’accepter la dissolution du Haut Conseil d’Etat (HCE) concomitamment avec la démission du Président Ould Cheikh Abdellahi.

Hier, les médiateurs internationaux ont obtenu des protagonistes anti putsch la mue de l’organe de la junte en un Conseil de défense, nommé par le GUN, avec la participation des ministres de l’Intérieur et de la Défense, d’ailleurs issus de l’opposition.

Le Général vient de rejeter l’ultime formule de consensus.

taqadoumy

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