Mauritanie / Le directeur de l’hebdomadaire Al-Aqsa extradé de Dubaï et incarcéré à Nouakchott

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NOUAKCHOTT, Mauritanie, 2 décembre 2008/African Press Organization (APO)/ — Reporters sans frontières condamne l’incarcération, le 30 novembre 2008 à Nouakchott, de Abdel Fettah Ould Abeidna, directeur de l’hebdomadaire privé Al-Aqsa, accusé de “dénonciation calomnieuse” envers un homme d’affaires.

“Cette incarcération, disproportionnée et contre-productive, confirme l’urgence d’une réforme plus profonde de la législation mauritanienne, qui témoignerait de la volonté des autorités de traiter les affaires de presse de manière juste et efficace. Cette affaire aurait dû, dès son commencement, être maniée différemment, au lieu de contraindre la justice à court-circuiter les organes de régulation des médias”, a déclaré l’organisation.

Extradé de Dubaï, où il résidait depuis un an, Abdel Fettah Ould Abeidna est arrivé dans la capitale mauritanienne, le 30 novembre, vers 19 heures, menotté et en compagnie de policiers mauritaniens. A sa descente de l’avion, il a été immédiatement conduit de l’aéroport à la prison civile de Nouakchott, sans que plusieurs de ses proches et de ses confrères venus lui exprimer leur soutien ne puissent le voir.

Le directeur d’Al-Aqsa avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nouakchott, en novembre 2007, à un an de prison ferme pour “dénonciation calomnieuse” à l’égard de l’homme d’affaires mauritanien Mohamed Ould Bouamatou, qu’il avait mis en cause dans une affaire de trafic international de cocaïne.

Le directeur de l’hebdomadaire arabophone Al-Aqsa avait d’abord été poursuivi pour “ diffamation ”, en vertu de la loi sur la presse, mais la Cour suprême avait requalifié ce motif en “ dénonciation calomnieuse”. En droit mauritanien, la “dénonciation calomnieuse” est punie de cinq mois à deux ans de prison, en vertu de l’article 348 du code pénal. Interrogés par Reporters sans frontières, les avocats du journaliste ont déclaré souhaiter que l’affaire soit débattue “non pas sur la base du code pénal, mais sur celle de la loi sur la presse” .

SOURCE : Reporters without Borders (RSF)

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