1020. Entrer au gouvernement et conserver son âme

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L’UFP vient de rentrer dans un gouvernement d’ouverture dirigé par Yahya O. Waghef. Elle réalise par cet acte un des objectifs longtemps proposé à la classe politique pour sortir le pays de cette opposition manichéenne pouvoir-opposition mais aussi pour regrouper toutes les forces de changement démocratique en vue de régler les problèmes majeurs qui minent le pays depuis des décennies (unité nationale, coexistence des communautés, déportés, passif humanitaire, éducation, santé, culture…).

Cette entrée au gouvernement était conditionnée par le respect de trois étapes:
– la consultation de toutes les forces politiques du pays et particulièrement de l’opposition pour aboutir à un gouvernement d’union nationale
– la mise en place d’un programme prioritaire de gouvernement autour des axes tels (1) la consolidation de l’unité nationale (2) la résolution des problèmes alimentaires aigus liés à la cherté de la vie (3) la réorganisation de l’administration (4) la réforme de notre système de sécurité pour faire face aux défis actuels tels la drogue, le terrorisme et l’insécurité domestique
– la représentation du parti suivant son poids électoral, son audience et ses nombreuses contributions

Après de larges consultations, certains partis politiques ont décidé souverainement de ne pas participer au gouvernement.

Le nouveau 1er ministre ayant accepté les axes du programme prioritaire proposé par l’UFP, les négociations se sont déroulées dans un climat serein et ont abouti à l’entrée du parti au gouvernement par l’affectation de trois portefeuilles ministériels (pêches, santé et ministre conseiller à la présidence).

Il est vrai que ce gouvernement que l’on ne peut qualifier que de gouvernement d’ouverture regroupe en son sein des partis et des personnes qui par le passé se sont manifestés par des comportements négatifs tels une incompétence dans la gestion des affaires publiques, une mauvaise gestion des deniers publics, un chauvinisme anti unité nationale, des positions niant la déportation et le passif humanitaire entres autres.

Aussi, l’entrée au gouvernement de l’UFP la met face à deux obligations:

1. obligation de solidarité gouvernementale

Elle oblige les ministres UFP à se montrer en toutes circonstances engagés par les décisions du gouvernement. La même solidarité jouera aussi à l’égard de ses parlementaires qui rejoindront ceux de la majorité présidentielle dans le vote des lois

2. obligation à l’égard du projet politique du parti

Les militants de l’UFP ont longtemps lutté et continuent de le faire pour arriver à un changement en vue d’atteindre leurs objectifs majeurs que sont une unité nationale largement approuvée, une justice sociale effective, une bonne coexistence entre les communautés nationales, une égalité en droits et devoirs de tous les citoyens, un retour réussi des déportés, un règlement pacifié du passif humanitaire, une réforme du système éducatif et de la santé, une reconnaissance de la diversité culturelle du pays…etc.

Le changement suppose aussi et surtout un autre style de gestion plus nationale de l’Etat, une gestion rigoureuse des deniers publics, une transparence et une représentativité dans les nominations aux postes étatiques et une prise en charge rapide et consensuelle des dossiers épineux actuels.

Les représentants du l’UFP ont une obligation de vigilance mais encore de contributions dans la gestion des affaires de l’Etat.

Le parti est quant à lui non seulement dans un état de veille par le suivi attentif des activités du gouvernement et de l’application des mesures prioritaires urgentes du programme mais aussi de critiques en cas d’initiatives ou de décisions contraires à la lettre et à l’esprit de son engagement dans le gouvernement.

La loyauté du parti qui sera sans reproches par rapport à ses engagements ne doit pas faire croire à ses autres partenaires de la majorité qu’il est prêt à tout accepter pour rester au gouvernement.

Autant la majorité des responsables du parti ont milité activement pour la participation de l’UFP au gouvernement, autant ils s’engageront avec la même ardeur pour réclamer la fin de sa participation au gouvernement si les problèmes majeurs prioritaires tardent à trouver dans des délais raisonnables des solutions ou si des situations de mauvaise gestion d’antan sont enregistrées dans certains départements ministériels.

Notre solidarité est affective
Notre vigilance est présente
Et notre liberté est intacte

El Hadj Oumar Tall

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NB : Les articles de cette rubrique n’engagent que leurs auteurs

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