910. Intervention du député UFP Mohamed El Moustapha Ould Bédreddine devant l’Assemblée Nationale, le 22/12/2007 à l’occasion du débat sur la loi des finances

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Ce nouveau budget intervient dans une conjoncture économique et sociale particulière où le pays connaît depuis plusieurs mois des hausses successives et vertigineuses des prix des denrées alimentaires essentielles pour la vie des citoyens.
C’est ainsi que le prix du blé et de produits dérivés est passé de 280 à 400Um le K, soit une hausse de 43%.

De même les prix du lait, du riz et des aliments de bétails ont augmenté de 30 à 40 % sans parler des prix du gaz butane, de l’électricité domestique et des hydrocarbures qui ont passés de 224Um au moi de février à 257UM en novembre, soit un taux de 10%.

Pendant ce temps, les prix du bétail et notamment des ovins et bovins ont sensiblement reculé. Ainsi de 30000UM en moyenne l’année dernière, le prix du mouton est passé à moins de 15000UM cette année, soit une réduction de 100%.

Ce qui signifie que les éleveurs et les salariés de ce secteur, partant toutes les franges à revenus moyens ou faibles – c’est à dire la majorité des citoyens – font face à une détérioration sensible de leur pouvoir d’achat et de leurs soins médicaux.
Quelles mesures le gouvernement a-t-il initiées pour faire face à cette situation ?

Ces conditions difficiles ont conduit aux événements sanglants qui ont secoué plusieurs régions du pays, occasionnant des dégâts humains et matériels déplorables et mettant en péril la sécurité et la stabilité.
Le président de la République a résumé ces développements de la situation en ces termes : « les événements qui se sont produits étaient le résultat d’une déception des citoyens qui attendaient du nouveau gouvernement qu’il parvienne à améliorer leurs conditions de vie et qui se sont trouvés confrontés à une hausse implacable des prix et à une détérioration du pouvoir d’achat. Il est donc tout à fait compréhensible qu’ils aient protesté ».

Ainsi donc, le gouvernement s’est trouvé obligé de reconnaître la crise qu’il s’était évertué, par le passé, à nier.

Il a annoncé un plan en deux axes dont le premier relatif à des mesures de stabilisation des prix et d’aide aux franges les plus vulnérables tandis que le second portait sur l’augmentation des salaires par la réduction de l’ITS.

Mais en quoi consistent précisément ces mesures et en quoi ont-elles répondu aux aspirations des citoyens qui ont été soutenues par le président de la République ?
Concernant le premier axe relatif à la stabilisation des prix et à l’aide aux plus pauvres, on constate que le budget 2008 a alloué les montants ci-après :
•1 000 000 000 UM au fond de sécurité alimentaire pour faire face aux catastrophes naturelles ;
•600 000 000’UM pour reconstituer le stock de sécurité alimentaire ;
•500 000 000 ’UM pour la construction de barrages (combien de barrages ce montant permet-il de construire ?) ;
•1 100 000 000 UM pour le financement des grands projets.
•2 500 000 000 dont 150 000 000 financés par le budget de l’Etat et le reste par la BAD et le FAD, soit un total de 5, 7 milliards d’UM qui est en deçà du montant annoncé par le gouvernement lorsqu’il était sous la pression des manifestations.
Pour ce qui est du volet relatif à l’augmentation des salaires, le tableau suivant permet d’en saisir la juste mesure.
Pour les auxiliaires de l’Etat
Salaire brut Salaire net 2007 Salaire net 2008 Différence Pourcentage
40 000 38337 39600 1263 3,29 %
60 000 55167 56567 1400 2 ,54%
200 000 151 395 15 9920 8925 5,37%

Pour les cadres
33596 32354 32946 592 1,83%
57530 51923 53273 1350 2,6%
83592 70708 74429 3712 5,26%
75996 75996 81345 5329 6,58%
133593 106708 112001 5253 4,96%
142054 11996 117696 5700 4,84%

Ce tableau nous montre que l’augmentation maximale pour les auxiliaires de l’Etat est de 1400UM soit 2,58 contre la maximale pour la même catégorie située à 8725UM soit 5,37%.
Pour les fonctionnaires cadres, l’augmentation minimale est de 592 UM, soit un taux de 1,83% et la maximale 5700 soit 4,85%.
Si on compare ces augmentations à celles des prix, on remarque que l’augmentation la moins importante est celle des prix des hydrocarbures qui a atteint 10% tandis que la plus élevée est celle des prix du blé et de ses dérivés qui ont atteint 43%
Il en ressort donc que ces augmentations ont été très en deçà des attentes, ce qui nous conduit à formuler les propositions suivantes :
• l’allocation d’un montant équivalant à 20% de la rubrique du budget consacrée aux « dépenses pour les biens et services » chiffrée à 54 992 000 000 UM, soit près de 11 milliards UM à répartir de manière équitable entre les deux volets du plan que sont l’augmentation des salaires et l’appui à la stabilisation des prix et aux franges les plus pauvres.
Je voudrais, en terminant mon intervention, évoquer les problèmes suivants :
• le financement des partis.
Le présent budget alloue au financement des partis politiques un montant de 300 000 000 UM alors que le nombre de partis politiques représentés dans les communes (la clé de répartition) est de 20.
Ce montant est donc très en deçà du minimum nécessaire pour le financement des activités de ces partis politiques dont le nombre est appelé à augmenter au cours des prochains jours.
Il est d’ailleurs curieux de constater que les mêmes personnes qui s’opposent aujourd’hui bec et ongles à l’augmentation du financement des partis sont les plus actifs dans la constitution du parti politique le plus controversé de l’histoire de notre pays.
On peut se demander dans le même temps comment ils entendent le financer.
• le problème de l’augmentation alloué aux salariés médias publics
Je demande à Monsieur le ministre des finances de préciser la position de son ministère par rapport à l’augmentation de 50% au profit des fonctionnaires des médias publics. Une augmentation dont ont bénéficié tous les autres fonctionnaires et dont beaucoup d’observateurs pensent qu’elle est bloquée par votre département. Pourquoi ?
• les problèmes des médecins en situation de chômage.
La situation de cette frange constitue une réelle préoccupation pour les citoyens au regard des besoins et des défis qui se font encore sentir dans ce secteur prioritaire. Envisagez-vous des solutions rapides à leurs problèmes ? C’est ce qu’en tout cas nous pensons parce que vous êtes sûrement préoccupés par ce problème autant que nous, sinon plus.
• le problème de la société d’exportation des gisements d’or d’Akjoujt.
L’intervention du député El Moustapha O/ El Mekki sur cette question a suscité l’intérêt et l’inquiétude des députés sur la réalité de cette société et des activités qu’elle mène dans l’opacité la plus totale.
C’est pourquoi je vous suggère, Monsieur le président, Messieurs les députés, la constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.
• le problème des retraités.
Les retraités ont été les laissés pour compte de la dernière augmentation des salaires. N’est ce pas là, Monsieur le ministre, une attitude surprenante vis- à vis d’une catégorie de personnes qui ont consacré le maximum de leur vie au service de l’Etat et de la patrie ?

Merci Monsieur le Président

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