Déclaration du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) relative aux réfugiés mauritaniens

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Dans son discours du 29 juin 2007, le Président de la République a levé le voile sur des questions d’importances capitales relatives à l’unité nationale et à l’égalité sociale.

Fidèles à notre ligne politique, nous marquons notre intérêt pour ce discours et les principes qu’il a exprimés mais nous tenons à rappeler la nécessité d’une concertation préalable avec les forces vives de la nation et l’instauration d’un véritable climat de tolérance et de confiance. Il va de soi que les problèmes soulevés dans le discours du Président de la République ne trouveront de solutions adéquates que dans le cadre d’un véritable consensus national impliquant systématiquement toutes les sphères de notre société et faisant appel à nos traditions de tolérance et de sagesse.

Pour asseoir les conditions réelles d’une réconciliation nationale et libérer notre pays du deuil laissé par les événements de 1989, 1990 et 1991, il importe d’agir de concert loin de toute improvisation tatillonne et de tout unilatéralisme exclusiviste.

Les choses étant ce quelles sont, nous tenons à exprimer les remarques suivantes :

– Notre pays, arabe, africain et musulman, a subi en 1989, 1990 et 1991 une cascade de tragédies gravissimes qui ont mis à mal notre tissu social et porter atteinte à notre unité nationale. Ce désastre a engendré des centaines de morts, de veuves et d’orphelins ainsi que des milliers de déportés.

Il est par-dessus tout déplorable que le Gouvernement mauritanien de l’époque ait pris comme boucs émissaires des citoyens mauritaniens innocents, expulsant les uns vers le Sénégal et poussant les autres à l’exil vers le Mali.

Les sénégalais résidant en Mauritanie ont connu un sort non moins horrible.

Ces événements se sont déroulés, c’est l’évidence, dans des conditions particulièrement cruelles et inhumaines.

Par ailleurs, des ressortissants mauritaniens vivant au Sénégal et des sénégalais d’origine mauritanienne ont été tué ou ont vu leur dignité piétinée et leurs biens disparaître dans les mains de spoliateurs restés impunis. La situation de ces citoyens doit trouver, elle aussi, une solution appropriée.

– Le RFD (comme autrefois l’UFD-EN et l’UFD) a pu continuer à poser les problèmes de manière sérieuse et responsable en dépit du mutisme et de la répression imposés par les autorités de l’époque. Aujourd’hui comme hier nous persistons à proposer les solutions que nous considérons comme justes et équitables en concertation avec les victimes et leurs ayants droit.

– Sur un autre plan, nous nous joignons à toutes les voix de la liberté dans un esprit de persévérance pour éradiquer à jamais les pratiques et les séquelles de l’esclavage conformément à notre programme politique. C’est pourquoi il nous parait indispensable que le projet de loi soit plus précis et prenne en compte l’ensemble des dimensions du phénomène et des manifestations de l’esclavage. De ce fait découle l’absolue nécessité de réfléchir sérieusement aux modalités de définition et de mise en œuvre pratique d’un plan de rattrapage économique, sociale et culturel en faveur de cette couche opprimée.

Pour relever ces immenses défis et assurer la mise en œuvre des solutions les plus adaptées, il est capital que toutes les forces vives de la nation puissent conjuguer leurs efforts et accepter de dépasser, ne serait ce que le temps d’un consensus, les tendances politiciennes, les tiraillements négatifs et les propagandes malsaines.

Dans le même esprit, nous en appelons aux institutions républicaines, aux partis politiques, aux organisations de la société civile, aux oulémas, aux hommes d’opinion et à l’ensemble des citoyens pour mettre en garde contre toute exploitation de cette orientation juste à des fins personnelles et contre les calculs étroits que les ennemis de la liberté seraient tentés de faire jouer en cette étape décisive du devenir national.

Nouakchott (Mauritanie), le 1er juillet 2007

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