890. Intervention de la députée UFP Kadiata Malick devant le PM

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Monsieur le PM
Je me réjouis du fait que votre déclaration générale recoupe l’essentiel des préoccupations de mon parti, l’Ufp, programme pour lequel nous exprimons notre disponibilité à continuer la réalisation dans un cadre de consensus national quel qu’il soit.

Notre désir de rechercher des solutions consensuelles aux problèmes majeurs qui ont une incidence sur la stabilité et l’existence de notre pays ne date pas d’aujourd’hui. Nous avons inlassablement travaillé pour un dialogue entre acteurs politiques en vue d’arriver à un compromis national depuis 1998. C’est donc pour nous une question de conviction.

En effet votre gouvernement hérite de dossiers sensibles et complexes qui demandent des solutions acceptées par toutes les parties prenantes, les victimes en particulier et seules de telles solutions sont réellement convenables.

Les questions relatives à l’unité nationale très fortement mises à mal ces deux dernières décennies constituent bien entendu des problèmes prioritaires.

Notre peuple attend impatiemment de vous voir mettre en œuvre des approches et des mécanismes pour le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire, l’éradication de l’esclavage et la réparation des préjudices subis. Les dispositifs qui seront mis en place seront importants en examiner car ils constitueront un indicateur sur la volonté politique de trouver des solutions viables.

Les engagements pris pour lutter contre la corruption et les malversations et pour assurer une bonne gestion des richesses du pays demandent des actions prioritaires allant dans le sens de la clarification de la situation financière du pays déjà qualifiée dans les milieux les plus larges comme une situation de crise accentuant ainsi les inquiétudes des citoyens.

Envisagez-vous un audit des principaux secteurs ou comptez-vous appliquer la règle bien simple de vos prédécesseurs : tourner la page sans faire la part des choses.

Le système éducatif du pays connaît un effondrement évident et les soi-disant Etats généraux organisés en 2006 ont choqué plus d’un membre de ce département soucieux de son redressement. Etes-vous, M. le premier ministre, conscient et convaincu de cet état de délabrement afin de prendre les mesures qui s’imposent ? Quelles sont les garanties que vous nous donnez pour que plus jamais les promotions dans l’administration ne soient un partage entre le ministre, son SG et le directeur du département concerné ? Tant pis pour ceux qui n’ont pas de rapports directs ou indirects avec ces derniers.

Pour le sujet préoccupant de la drogue, je vous dirai tout simplement que l’opinion est sceptique quant aux résultats attendus de l’enquête en cours, tellement elle est convaincue de la complicité entre narco-trafiquants et certains segments des services de sécurité.

Tout le monde convient que nos populations vivent des conditions extrêmement difficiles dues à une hausse permanente des prix. Elles sont impatientes de savoir enfin s’il existe des possibilités de guérir ce mal endémique.

Je me félicite de l’élaboration du plan d’urgence pour secourir les populations nécessiteuses de certaines régions, je pense que le plan doit être généralisé, mais aussi et surtout se mener dans la transparence pour rompre avec les méthodes du passé où la distribution suivait des canaux politiques.

M. le premier ministre, notre surprise et notre déception de ne constater aucune amélioration dans la représentation des femmes dans votre équipe gouvernementale pour nous hisser au moins au niveau de la participation obtenue dans les fonctions électives et ce malgré les engagements pris dans ce sens lors de la dernière campagne présidentielle.

D’ailleurs l’approche genre a été timidement abordée dans votre déclaration. Ce qui est loin d’être encourageant.

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